Adobe Camera Raw

Adobe Camera Raw (ACR) est l’interface vous permettant d’éditer facilement vos images au format RAW, autrement dit les fichiers bruts issus du capteur de votre APN. Petit tour d’horizon des atouts de ce logiciel.

Adobe Camera Raw ou ACR est un outil à la fois simple et très puissant pour traiter et préparer vos fichiers RAW. Si vous ne travaillez qu’en Jpeg, ce logiciel ne vous sera d’aucune utilité, néanmoins si vous êtes équipé en boîtier reflex, je vous recommande vivement de shooter en RAW pour profiter pleinement de ses avantages.

Téléchargez le fichier RAW exemple

Prérequis

Ce tutorial est basé sur la version CS5 de la suite Adobe, à savoir :

  • Adobe Camera Raw 6.3
  • Adobe Bridge CS5 4.0.4.x
  • Adobe Photoshop CS5 12.0.3

Si vous découvrez le RAW, je vous invite à lire les bases du RAW qui présente les avantages mais aussi les contraintes de ce format.

Afin d’éviter les mauvaises surprises, vérifiez que tous vos logiciels soient correctement mis à jour. Tous ces produits sont disponibles aussi bien sur Mac OS X que sur Windows.

Il est fortement recommandé d’avoir un ordinateur assez puissant avec un minimum de 3 Go de mémoire vive (RAM), et plus il y en a, mieux c’est. Le traitement des fichiers RAW est en effet très gourmand en ressources. Notez que si vous désirez profiter de 4 Go de RAM ou plus sur Windows (XP, Vista ou 7) vous devrez vous diriger vers une version 64 bits de votre système d’exploitation, autrement Windows ne reconnaîtra que 3 Go.

Veillez aussi à avoir un écran correctement équilibré (à défaut d’être parfaitement étalonné), de préférence en sRVB dont l’espace calorimétrique couvrira largement nos besoins.

Pour commencer

Chaque fois que vous voulez ouvrir une image RAW avec Bridge vers Photoshop, ACR est un passage obligé. Il s’interpose comme une passerelle entre Bridge et Photoshop. Son rôle est de « développer » l’image brute, autrement dit de la préparer pour éventuellement la traiter sous Photoshop, ou l’enregistrer au format de votre choix.

Lancez Bridge et allez dans le répertoire où vous avez téléchargé et décompressé le fichier exemple. Si besoin, utilisez l’onglet « dossiers » pour naviguer jusqu’à l’emplacement où se trouve le fichier. Une fois affiché sous forme de vignette, un double clic sur l’image lancera Photoshop, et l’interface de Camera Raw apparaîtra.

Camera Raw

L'interface principale de Camera Raw

Quand on est habitué à travailler avec du Jpeg et que l’on a déjà quelques bases sur Photoshop, le premier réflexe est de cliquer sur le bouton « Ouvrir une image » en bas à droite pour l’éditer dans la foulée. Erreur ! En procédant ainsi, vous perdez tous les avantages du RAW.
Vous me direz qu’avec les calques de réglage de Photoshop on peut aussi apporter des réglages sans altérer l’image de base, certes, mais cette « image de base » n’est pas le fichier brut (RAW) original, et n’autorise pas autant de latitudes pour la correction d’exposition, la température de couleur, les abérations chromatiques, le bruit et bien d’autres choses encore.

Réglages principaux

Analysons notre image exemple. Son plus gros défaut technique saute aux yeux : ciel surexposé et forêt sousexposée. Le but sera donc de jouer avec la dynamique de l’image, autrement dit de récupérer des détails dans les hautes lumières là où c’est théoriquement « cramé », mais aussi faire ressortir des détails dans les zones « enterrées ».

A la droite de l’interface, sous l’histogramme, se trouve les onglets de réglage. Commençons par nous intéresser aux réglages de base les plus importants :

Exposition : commençons par jouer avec la correction d’exposition, histoire de se rendre compte de ce qui est récupérable dans les hautes et basses lumières. Allez-y franco dans les deux sens. A -2 diaf on voit la matière dans les nuages réapparaître. A +1,5 diaf la forêt retrouve elle aussi ses détails.
Mais ce réglage a ses limites puisqu’il impacte toute les densités de l’image. Il faut donc l’utiliser pour l’exposition globale et se servir des deux réglages du dessous pour corriger les hautes et basses lumières. Dans le cas présent, considérons que l’image est correctement exposée, on remet donc la valeur à zéro.

Récupération : ce réglage influe sur les hautes lumières. Plus vous déplacez le curseur vers la droite, plus vous gagnerez de détails dans les zones surexposées. En déplaçant le curseur quasiment à fond sur la droite, on voit les nuages se reformer et le ciel prendre une couleur bleue plus saturée.

Lumière d’appoint : contrairement à la récupération, la lumière d’appoint va apporter du détail dans les zones sombres et les éclaircir. Mais attention à ne pas y aller trop fort, les basses lumières sont beaucoup plus sensibles au bruit. Je vous recommande d’ailleurs d’afficher votre image à 100% pour vérifier que la montée de bruit est tolérable. Essayez aussi d’obtenir une bonne balance entre hautes et basses lumières et évitez les rendus très plats.

Les images RAW manquent généralement de pêche par défaut et je vous recommande d’augmenter un petit peu la saturation, ainsi que la vibrance pour saturer légèrement le bleu du ciel. Comme tous les autres réglages, attention de ne pas tomber dans l’excès !

Autre possibilité très efficace d’Adobe Camera Raw, c’est le réglage de la balance des blancs. Vous avez sans doute remarqué qu’en prenant des photos en intérieur avec des éclairages artificiels, vos photos étaient souvent jaunâtres ou orangées quand il y a de l’halogène, voir verdâtres avec les néons. L’œil humain voit à peine ces dominantes de couleur, mais cela n’échappe pas à votre APN qui, par défaut, est calé sur la lumière du jour.
En Jpeg, les seules solutions consistent à filtrer les lumières à la source en ajoutant des gélatines (fastidieux), soit utiliser le flash qui est lui équilibré en lumière du jour, soit régler la balance des blancs de votre APN sur lumière artificiel, mais cela ne concorde pas toujours avec la « température » de l’éclairage ambiant.
En photographiant en RAW, vous vous affranchissez de ce problème ! A la prise de vue, réglez la balance des blancs de votre APN sur AWB (Automatique White Balance). Vous aurez la possibilité de refaire votre point blanc avec ACR par la suite avec une grande facilité.

Bien entendu, les atouts d’ACR ne s’arrêtent pas là. Sur la droite de l’interface, vous remarquerez d’autres onglets de réglages :

Les réglages de base

On y retrouve des outils de correction (dont certains déjà présents sur Photoshop) comme les courbes, le détail (piqué), teinte/saturation/intensité (TSI), virage partiel, corrections de l’objectif, étalonnage de l’appareil photo.
Pour redonner un peu de piqué à mes images, je rajoute souvent un peu de netteté (gain +50) et j’utilise l’onglet TSI pour apporter une saturation sélective à mes couleurs.
L’onglet corrections de l’objectif est aussi très important pour corriger les abérations chromatiques inévitables en numérique. Ce problème intervient généralement sur les parties à contre-jour d’une image (arbres par exemple) ou des franges de couleur rouges/cyan/bleu/jaune sur les contours.
Pour jouer avec ces réglages, il est vivement recommandé de zoomer son image à 100 voir 200% sur les parties concernées.

La barre d’outils

La barre d'outils d'ACR

Parmi les outils les plus intéressants :
La pipette pour la balance des blancs : si vous avez une dominante sur votre photo il vous suffira de cliquer avec la pipette sur un endroit gris neutre de l’image pour rééquilibrer cette dernière. Mais on n’a pas toujours du gris neutre dans son image alors il faut parfois le faire à l’œil. Dans ce cas mieux vaut jouer directement avec les sliders de la température dans les réglages de base.

L’outil de recadrage (crop) : même s’il paraît basique, il a un énorme avantage par rapport au recadrage de Photoshop (ou n’importe quel logiciel), c’est qu’il n’altère pas l’image et permet d’annuler le recadrage par la suite pour revenir à sa taille originale. Si vous devez redimentionner votre image, je vous recommande vivement de le faire à ce stade.

L’outil de redressement : il a les mêmes avantages que l’outil de recadrage ci-dessus. Sa particularité est de redresser la ligne d’horizon d’une image en faisant un recadrage, et une rotation de ce dernier pour obtenir une image qui ne penche pas. Son utilisation est très simple :
Sélectionnez l’outil (A), tirez ensuite un trait (en maintenant le clic enfoncé) d’un côté à l’autre de votre image en suivant la ligne d’horizon (un peu imaginaire des fois). Vous n’aurez plus qu’à valider en double-cliquant dans la zone recadrée, ou appuyer sur echap pour annuler.

L’outil correcteur de tons directs : semblable à celui de Photoshop, plus intelligent qu’un outil tampon, il vous permettra d’éliminer toute les tâches, et imperfections de votre image. Comme les autres outils de correction d’ACR, il a l’avantage de ne pas être destructeur : chaque retouche, chaque point peut être modifié ou supprimé par la suite.
Petit bémol concernant cet outil : il est très gourmand en ressources, et très lent si vous travaillez à haute résolution comparé à l’outil de Photoshop. De plus quand on retire une poussière ou une tache d’une image, c’est rarement pour revenir en arrière. Je préfère donc « dépétouiller » mes images sur Photoshop.

Le pinceau de retouche : une fois sélectionné, il permet de faire des retouches toujours non destructrices sur votre image (saturation, exposition, contraste etc). Un menu contextuel avec les réglages apparaît sur la droite de l’écran. Tout aussi puissant que l’outil correcteur de tons directs, il souffre aussi d’une certaine lenteur, et ne peut pas être combiné à des masques de fusion comme on peut le faire avec Photoshop. A vous de voir.
Astuce : pour varier la taille de votre pinceau, faites un cliquer-glisser avec le bouton droit de votre souris à l’intérieur de votre image.

L’outil dégradé : fonctionne exactement comme le pinceau sauf qu’au lieu d’avoir un dégradé circulaire, on a un dégradé linéaire. Outil bien pratique pour polariser les ciels, et faire ressortir les nuages comme dans notre fichier exemple. Il est bien sûr tout à fait possible de cumuler plusieurs dégradés avec des réglages différents.

Flux de production

Une fois que vous êtes satisfaits de vos réglages, avant d’exporter votre fichier, il vous faudra préciser vos options de flux de production en bas de la fenêtre de Camera Raw.

Options de flux de production

La première option « distance » définit l’espace colorimétrique que vous allez attribuer à votre image. Je vous recommande vivement de rester toujours en sRGB (ou sRVB) sur toute votre chaîne graphique. Même si le Adobe RGB a un gamut plus étendu, il peut très vite s’avérer périlleux si on ne sait pas exactement ce que l’on fait.
Notez qu’à la prise de vue les boîtiers proposent un choix entre sRGB et Adobe RGB. Cela n’a d’intérêt que si l’on shoot en Jpeg ou en Tiff, et ne pardonne aucune erreur ! En RAW cette étape n’intervient qu’au dématriçage de l’image et vous avez donc la liberté de vous tromper et revenir à un espace colorimétrique plus approprié.

Vient ensuite la profondeur : 8 bits ou 16 bits par couche de couleur. Alors que le Jpeg ne peut dépasser une profondeur de couleur de 8 bits par couche, votre fichier RAW peut sortir (avec extrapolation) des images à 16 bits par couche.
A ce stade le choix est assez simple :
Soit vous décidez de continuer à travailler votre image avec Photoshop, et dans ce cas il est préférable d’opter pour le 16 bits, mais ces derniers sont très gourmands en ressources, soit vous considérez que votre image ne nécessite plus d’interventions majeures (production Jpeg par exemple) et dans ce cas le 8 bits suffit d’autant qu’il génère des fichiers moins lourds.

La taille de votre image en pixel suit un peu la même logique que le choix de la profondeur. En fonction de vos besoins vous n’aurez pas nécessairement besoin de produire une image dans sa pleine résolution. Attention si vous optez pour des résolutions (+) qui vont au-delà de la résolution native de votre capteur, ce ne sera qu’une interpolation et vous ne gagnerez pas de détails.

La résolution dépend là encore de ce que vous comptez faire de votre image. Si ce n’est que pour du web, alors 72 dpi (ppp) suffiront. Si vous voulez travailler avec précision votre image, et l’imprimer par la suite, une résolution de 240 à 300 dpi vous donnera de bien meilleurs résultats.

Je ne conseille pas d’utiliser ici les options de netteté préférant utiliser les options avant sur ACR, et ensuite sur Photoshop.

Fermez la boîte de dialogue en cliquant sur OK. Votre image est maintenant prête à être exportée.

Comment sont enregistrés les réglages que vous avez apportés à votre image ?

Vous n’avez pas à enregistrer votre image RAW à proprement parler. En cliquant simplement sur « terminer », l’interface de Camera Raw se ferme, et vos réglages propres à votre image sont automatiquement enregistrés dans un fichier du même nom que votre image et portant l’extension « .xmp ».
De même en cliquant sur « Ouvrir une image », votre fichier sera ouvert avec Photoshop et vos réglages automatiquement enregistrés dans le fichier « .xmp ».

En revanche, vos options de flux de production ne sont pas propres à votre image. Camera Raw restera donc toujours sur le dernier réglage effectué. Ne vous faites pas piéger !

Note à propos des fichiers de réglage « .xmp » :

Par défaut Adobe Camera Raw enregistre vos réglages dans les fichiers annexes « .xmp » au format XML. Il est toutefois possible de regrouper tous les réglages dans une base de données unique et gérée par Camera Raw. Vous pouvez activer cette option via le bouton de la barre d’outils, ou tout simplement avec le raccourcis clavier Ctrl+K…

Réglage des fichiers .XMP

L’avantage (s’il en est un) c’est de maintenir vos dossiers d’images relativement propres. Mais attention si vous renommez un dossier par la suite ou que vous les déplacez, vous perdrez tous les réglages des images !

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